Dans un fax adressé à la presse à partir de son
bureau à Paris, le général Aoun a affirmé que
“M. Hoss a mis la main sur la totalité des comptes de l’Etat, ainsi
que sur les comptes privés et n’a demandé à personne
de les lui remettre. Il a requis l’ouverture d’enquêtes judiciaire,
administrative et des services spéciaux et elles ont été
achevées. Ces enquêtes ne sont-elles pas plus révélatrices
qu’un relevé de compte ou que tous les documents en sa possession?”
Il a déploré le fait que M. Hoss et d’autres responsables
au sein de l’Etat “se cachent encore, après sept ans et demi d’enquête,
derrière des slogans tels que la sauvegarde des droits de l’Etat
et des fonds publics, alors qu’ils détiennent tous les documents
et preuves qui renferment la vérité et les incriminent.”
Il s’est interrogé, par ailleurs, comment la justice retient
un dossier vide.
Le général Aoun, a appelé M. Hoss à rectifier
“son erreur d’estimation” en reconnaissant que tous les fonds publics ont
été récupérés par l’Etat et qu’il n’a
rien découvert d’illégal dans les comptes.
Il se demande, enfin, si M. Hoss a réglé son problème
consistant à justifier devant le pouvoir en place son transfert
de crédits au profit du gouvernement des militaires entre 1988 et
1990, alors que le pays était doté de deux gouvernements.
Rappelons que dans une mise au point publiée mercredi dans la
presse, M. Hoss a invité le général Aoun à
se pourvoir en justice pour se blanchir des accusations de détournements
de fonds publics portées contre lui après sa chute, le 13
octobre 1990. M. Hoss avait pressé le général Aoun
de présenter un relevé de compte à la justice qui
serait en mesure de trancher en sa faveur.
Par ailleurs, répondant à M. Mohamed Baalbaki, président
de l’Ordre de la Presse, le général Aoun affirme “n’avoir
jamais fait arrêter, arbitrairement, des journalistes ou de simples
citoyens ni s’être jamais attaqué aux médias.”