LA LIBERTÉ ET SES LIMITES 

par EDOUARD BASSIL  
 
Le premier contact direct depuis sept ans entre le général Michel Aoun et le Liban n’a pas produit le cataclysme qu’appréhendaient les gens du Pouvoir...
“Je ressens un sentiment de joie mêlé d’amertume, parce que les Libanais m’écoutent alors que je ne les vois pas”, a dit au début de l’entretien l’ancien chef du gouvernement transitoire, dont les déclarations ont été axées, principalement, sur la liberté.
“Notre mouvement national a pour devise: souveraineté, indépendance, liberté. Il œuvre en faveur d’un Pouvoir, d’un peuple et d’une information libres ce qui, malheureusement, n’existe pas, actuellement, dans notre pays.”
A la place de M. Sanioura, l’incontournable contradicteur (qui a interféré dans les interviews télévisées du président Gemayel et de M. Najah Wakim), un autre ministre a tenté d’entrer sur la ligne, mais a été rabroué par le Général parce qu’il débitait des fadaises!
Celui-ci s’est prononcé en faveur d’une “paix juste” entre les Libanais et entre ces derniers et les Syriens, tout en déplorant “qu’aucun protocole ne régisse la présence des troupes syriennes au Liban.”
La vérité a été le mot-clé de l’interview, l’ancien responsable paraissant imbu des penseurs et écrivains français, dont il a dû relire les œuvres durant ses années d’exil.
“La liberté doit être absolue ou ne pas être, affirme-t-il, ses limites étant la vérité. Pourquoi interdit-on aux gens de la défendre, au point de transformer nos médias en “Presse de fantômes”, se faisant l’écho de “sources renseignées, sûres ou fia-bles” sans jamais citer de noms?”.
Le Général a dû feuilleter les “Dialogues et fragments philosophiques” d’Ernest Renan où on lit, notamment, cette pensée prémonitoire: “La vérité sera, un jour, la force. “Savoir, c’est pouvoir”, est le plus beau mot qu’on ait jamais prononcé.”
Il reste à nos gouvernants de se pénétrer de cette pensée non moins judicieuse: “Gouverner, c’est prévoir”! 

Home
Home