Evénements de la semaine
 
AUTOUR DE LA TOURNÉE AU P.O. DU PRÉSIDENT 
DE LA COMMISSION EUROPÉENNE
 
En dépit des efforts déployés à tous les niveaux par le coordonnateur US et des émissaires européens, l’opération de paix demeure bloquée au Proche-Orient. Après le périple du chef du Quai d’Orsay, ce sera le tour du président de la Commission européenne, dont la venue a été annoncée mardi. Mais quels sont les résultats de la mission dont s’acquitte M. Moratinos (notre photo), émissaire de l’U.E.? 
Officiellement, le but de la visite du chef de la diplomatie française à Beyrouth, Amman et Damas - après celle qu’il avait effectuée en novembre dernier à Tel-Aviv et Gaza - avait pour but de relancer le processus de paix au Proche-Orient gelé depuis près de douze mois. Pratique-ment, depuis la venue au pouvoir de la droite israélienne. 
Les concertations explora-toires de M. Hubert Védrine au Liban ont débouché sur une note d’espoir, partant du fait que, pour la première fois depuis le vote par le Conseil de Sécurité de la résolution 425, cette dernière a été évoquée par les responsables israéliens, ce qui est, d’après le chef du Quai d’Orsay, “un progrès en soi”. 
Comment peut-il en être ainsi, du moment que Tel-Aviv assortit la 425 de nombreuses conditions non mentionnées dans le texte? D’ailleurs, M. Védrine s’est empressé d’admettre que “nous ne sommes pas encore dans le cadre véritable de cette résolution”. 
Tout compte fait, le bilan de la visite du ministre français des Affaires étrangères à Beyrouth ressemble, à quelques variantes près, à celui du dernier round de pourparlers effectué par le coor-donnateur américain, Dennis Ross, avec les responsables israéliens et l’Autorité palesti-nienne... Autrement dit, rien de concret au plan de la relance des négociations arabo-israéliennes sur le triple volet palestino-israélien, syro-israélien et israélo-libanais. 
Et ce, toujours par la faute de Netanyahu qui persévère dans le jeu de la douche écossaise, en alternant les prises de position dures et conciliatoires. 
Le fait pour le Premier minis-tre israélien d’avoir échappé à la motion de censure protestant contre la démission de David Lévy, ministre des A.E., les choix budgétaires du gouvernement et le blocage du processus de paix (avec les Arabes), prouve que ce jeu réussit à “Bibi”, bien qu’il ait été accusé à la Knesseth “de tromper son monde et, notam-ment, l’Administration améri-caine.” 
Si donc Washington ne par-vient pas à assouplir la position de Netanyahu, peut-on s’atten-dre au succès de quelque initia-tive que la France entreprendrait, unilatéralement, ou dans le cadre de l’Union européenne pour sortir l’opération de paix de l’impasse? 
Surtout, si cette initiative ne devait pas recevoir le feu vert de la capitale fédérale ou, tout au moins, être proposée en coordi-nation avec les Américains qui, quoi qu’on dise, considèrent le Proche-Orient et d’autres régions du globe comme autant de “chasses gardées”, en leur qualité de promoteurs et de gardiens du nouvel ordre mondial dont on entend beaucoup parler sans en connaître les bases, les structures et les objectifs... Tout ce qu’on en sait, c’est que l’Amérique l’invo-que et en prend prétexte pour étendre sa mainmise sur la mappemonde! 
Ceci étant, on est en droit de s’interroger sur le but de la tournée que Jacques Samper, président de la commission euro-péenne, se propose d’effectuer le mois prochain dont l’itinéraire comporte cinq pays: Liban, Syrie, Jordanie, Egypte, Israël, en plus des territoires autonomes pales-tiniens. 
Sollicité par les Etats arabes en vue de s’impliquer davantage dans le processus de paix au P.-O., l’U.E. avait nommé il y a près de quinze mois, un envoyé spécial en la personne de Miguel Moratinos, alors ambassadeur d’Espagne en Israël. Quels ont été jusqu’ici les résultats de la mission de l’émissaire européen? On serait curieux de le savoir.. 

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