EN MARGE DE L'INTERDICTION DE L'ÉMISSION, PAR SATELLITE,
DES PROGRAMMES POLITIQUES

Soulever la question: “Qu’est-ce que la liberté? semble une entreprise assez difficile. La difficulté peut être résumée comme la contradiction entre notre conscience qui nous dit que nous sommes libres et, par conséquent, responsables.

Dans toutes les choses pratiques, spécialement celles d’ordre politique, nous tenons la liberté pour un droit qui va de soi. C’est, précisément, sous cette optique que les lois régissent les communautés humaines, que les décisions sont prises et les jugements rendus.
Nous constatons, également, que le champ où la liberté s’est toujours posée, non comme un problème, mais un fait de la vie quotidienne, est le domaine politique. Sans elle la vie serait dépourvue de sens.
Le Dr Charles Malek a dit: “L’homme libre est celui qui vit comme il le souhaite. Il se déplace, sort de son foyer, va dans le monde et rencontre d’autres gens en actes et en paroles. Etre libre et agir ne font qu’un. Ici, le courage libère les hommes de leur souci concernant la vie. Le courage est indispensable puisqu’en politique, ce n’est pas la vie du Libanais, mais tout le pays qui est en jeu. Etre Libanais et être libre sont une seule et même chose.”

LA LIBERTÉ PRIME TOUT
Nous pouvons déclarer que l’unique force apte à dévoiler, d’une part, les méfaits de l’injustice, de l’égoïsme et de la dépravation et, d’autre part, à exprimer avec constance les aspirations du citoyen, ainsi que ses rêves et ses idéologies, cette force c’est la liberté d’expression.

AUE VAUT L'HOMME SANS LA LIBERTÉ?
Au Liban, où la liberté prime tout, nos horizons s’ouvrent et se ferment suivant qu’on nous la refuse. Et c’est avec raison que Voltaire a pu écrire: “Je suis prêt à verser mon sang afin que mon ennemi puisse s’exprimer librement pour se défendre.”
Parlant de la liberté, Octave Mirabeau a dit: “La liberté de la presse doit préoccuper chacun de nous et que la première de nos lois consacre à jamais la liberté de la pensée et la liberté de la presse, la liberté la plus inviolable, la plus illimitée, la liberté sans laquelle les autres ne seront jamais acquises.”
Le monde moderne a, véritablement, perdu la capacité de comprendre ce qu’est la liberté: elle n’est pas une prétention ou une exigence de l’homme; n’est pas facilité et laisser-aller.
La liberté n’est pas un droit mais une obligation. Dieu exige de l’homme qu’il soit libre.
Disons, enfin, que les pays perdent l’essentiel quand les libertés y sont bannies. Sans la liberté de conscience, qu’est-ce qu’un homme? Sans la liberté de travail dans le cadre des libertés légitimes qu’est-ce qu’une société humaine? Voilà pourquoi il n’est pas permis à un gouvernement d’ignorer les penchants moraux et l’attachement à la liberté du peuple qu’il gouverne. n

JOSEPH SOKHN


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