![]() Echange d’une poignée de main cordiale |
![]() Le chef du Quai d’Orsay entouré de l’ambassadeur |
Que ceux
qui guettent et s’inquiètent se rassurent.
La France continue à veiller sur le Liban. S’il est vrai que
les relations amicales qu’entretiennent le président Jacques Chirac
et le président du Conseil, Rafic Hariri, sont éloquentes
en elles-mêmes, la visite de M. Védrine du Cabinet socialiste
français conforte l’idée que tout ce qui touche au Liban,
à la paix et au Proche-Orient concerne le gouvernement de Paris
de n’importe quel parti au pouvoir.
Hubert Védrine, la cinquantaine tout juste (il est né
le 31 juillet 1947), inaugure un nouveau style du diplomate français
celui du IIIème millénaire.
Quoique brève, sa visite à Beyrouth laisse prévoir
un changement dans la politique internationale à l’égard
du Liban et du Proche-Orient.
DE CONCERT AVEC LES ÉTATS-UNIS
D’emblée, le ministre français des A.E. annonce la couleur.
“Avec les Américains, entre le président de la République
et le président Clinton, au niveau de Mme Albright et moi-même,
il y a une concertation constante, une discussion permanente, très
étroite à un rythme soutenu, notamment sur les questions
du Proche-Orient. Nous comparons nos avis: ils ne sont pas exactement les
mêmes, mais il s’agit précisément de faire converger,
ce qui est commun de toute façon pour réveiller le processus
de paix.”
Concernant les points de vue libanais et français, M. Hubert Védrine
déclare: “S’il y a un domaine où l’on ne peut pas parler
de divergence, c’est bien entre la France et le Liban (...). La France
s’est toujours référée à la résolution
425, comme à toutes les résolutions pertinentes sur ce conflit
et a toujours fait le plus d’efforts possibles pour aboutir à une
solution qui, pour être efficace, devrait s’inscrire dans un règlement
global. Je ne vois pas de divergence du tout dans l’interprétation
de la 425 qui est une résolution claire.”
M. Védrine a affirmé, par ailleurs, que la situation au Proche-Orient
n’était pas bonne. Il a expliqué que “la France est bien
placée pour relancer le processus de paix, compte tenu des relations
étroites qu’elle a avec à peu près tous les protagonistes,
pour faire bouger les choses dans le bon sens.”
“UNE INDICATION DANS LA BONNE DIRECTION”
Au terme de trois entretiens successifs que M. Hubert Védrine a
eus avec le président Hraoui, le Premier ministre Rafic Hariri et
le chef du Législatif, M. Nabih Berri, le ministre français
a déclaré: “Le fait pour Israël de mentionner la 425,
en l’assortissant de nombreuses conditions qui ne sont pas dans le texte,
montre bien que nous ne sommes pas encore dans le cadre véritable
de cette résolution.”
Le chef du Quai d’Orsay a, toutefois, tenu à clôturer son
escale libanaise sur une note d’espoir, en affirmant “que les récentes
déclarations israéliennes sur la 425, sont un progrès
en soi et constituent une indication dans la bonne direction.”
M. Védrine a insisté maintes fois au cours de son séjour
libanais, sur le fait que “la France cherche à trouver une solution
à l’impasse actuelle au Proche-Orient, en collaboration étroite
avec les Etats-Unis et dans le cadre de l’initiative de l’Union européenne.”
Il a qualifié les relations franco-libanaises “d’exceptionnellement
bonnes”, c’est la raison pour laquelle il a tenu à réaffirmer
l’engagement de la France aux côtés du Liban.
Le président Chirac avait laissé entendre en 1996, que la
France pourrait, si on le lui demandait, participer à d’éventuels
mécanismes de contrôle en cas de retrait israélien
du Sud. M. Védrine a souligné, à ce propos, que “la
France est totalement disponible” et que si les choses se concrétisent,
“elle examinera avec beaucoup de sympathie ce qui lui serait demandé
par les parties concernées.”
M. Hubert Védrine reçu par son homologue libanais, M. Farès Bouez.
INAUGURATION DU NOUVEAU CONSULAT DE FRANCE
Au cours de son séjour au Liban, le chef de la diplomatie française
a inauguré le nouveau consulat de France, rue de Damas, près
du Centre culturel français. La cérémonie s’est déroulée
en présence de M. Farès Bouez, ministre libanais des Affaires
étrangères, de l’ambassadeur de France M. Daniel Jouanneau,
de plusieurs diplomates français et hauts fonctionnaires du ministère
libanais des Affaires étrangères.
Après la levée du voile couvrant une plaque commémorative,
MM. Védrine et Bouez ont inspecté le bâtiment de deux
étages. Le premier comprend les services des visas et des affaires
de la communauté française. Le second renferme les archives
et les bureaux administratifs. Le nouveau consulat sera ouvert au public
au début du mois de février.
Avec Hubert Védrine, les Libanais découvrent un nouveau style
de la diplomatie française. Fin connaisseur des dossiers, le ministre
français des A.E. a tenu, aussi, à connaître personnellement
les protagonistes libanais, à les entendre, à les écouter,
ainsi qu’il l’a fait ou le fera au cours de ses autres entretiens dans
les pays concernés avec d’autres responsables de la région.
Déjà, il avait annoncé à Paris aux diplomates
français, un net changement dans la diplomatie du troisième
millénaire.
Il avait déclaré entre autres: “Le temps des diplomates classiques
de carrière est révolu... Les ambassadeurs français,
comme leurs homologues américains devront, désormais, avoir
une expérience professionnelle extérieure au Quai d’Orsay,
être de très bons économistes qui savent “surfer” sur
Internet et être des experts en économie politique.”
Ce n’est donc pas par hasard que M. Védrine qui avait admis qu’il
“existe aujourd’hui une seule grande puissance: les Etats-Unis d’Amérique”,
a insisté au cours de son séjour libanais, sur la concertation
étroite existant entre le Département d’Etat et le Quai d’Orsay,
ainsi qu’entre les présidents Chirac et Clinton. C’est ce qui s’appelle
“une diplomatie agissante et clairvoyante.”
“L’union fait la force”, tels pourraient être la conclusion et le
message de M. Védrine à ses interlocuteurs. M.A.Y.