Un amendement “exceptionnel” a été introduit à
l’initiative du président Ben Ali et adopté, fin juin dernier,
par le parlement tunisien, qui a permis la pluralité des candidatures,
rappelle-t-on. Selon les dispositions de cet amendement, peut se porter
candidat, tout dirigeant d’un parti ayant assumé ses fonctions pendant
au moins cinq années successives et dont la formation est représentée
à la Chambre des députés (parlement). Parmi les dirigeants
des six partis d’opposition, MM. Tlili et Belhaj Amor sont les seuls qui
répondent à ces conditions. Le texte antérieur exigeait
de tout candidat à la présidence de recueillir trente signatures
d’élus parmi les députés et (ou) les présidents
des Conseils municipaux.
L’opposition dispose depuis 1994, de 19 sièges au parlement
répartis entre 4 partis, dont 3 à l’UDU et 2 au PUP, les
sièges restants étant détenus par le MDS (Mouvement
des démocrates sociaux) et le Mouvement “Ettajdid” (le renouveau/ancien
parti communiste). Le parti au pouvoir, le RCD détient, quant à
lui, la part du lion avec 144 sièges.
Par ailleurs, aux termes d’une récente révision du code
électoral tunisien, l’opposition est assurée de remporter
au moins 20 pour cent des sièges du parlement, lors des prochaines
élections législatives qui se dérouleront en même
temps que les présidentielles, ainsi que lors des élections
municipales prévues en l’an 2000; ce qui permettra aux éventuels
candidats pour les prochains scrutins présidentiels de répondre
à la condition des trente signatures exigées par le texte
originel de la Constitution et explique par là même le caractère
“exceptionnel” du récent amendement.
Au terme de leurs travaux, les congressistes ont adopté une
déclaration finale soulignant que l’UDU, convaincu de la nécessité
d’ancrer et de promouvoir l’orientation démocratique pluraliste
en Tunisie, a décidé de présenter la candidature de
son secrétaire général, M. Abderrahmane Tlili, à
la prochaine élection présidentielle et de participer aux
prochaines élections législatives dans toutes les circonscriptions,
sur la base d’un “programme d’action cohérent” consacrant l’attachement
de cette formation aux valeurs de démocratie, de liberté,
de justice sociale et adapté aux mutations survenues aux plans national,
régional et international.
La déclaration réitère, également, la position
de l’UDU en faveur de la dynamisation de l’édification du Maghreb
et de l’unification des rangs arabes.
Le colonel Moammar Kadhafi a effectué la semaine dernière
une visite de “fraternité” de trois jours (du jeudi au samedi) en
Tunisie, au cours de laquelle il a eu deux entretiens avec le président
Zein El-Abidine Ben Ali.
Selon le porte-parole de la présidence tunisienne, les entretiens
entre les deux chefs d’Etat tunisien et libyen ont été axés
sur le développement des relations bilatérales, en ce qui
concerne notamment le “suivi de l’exécution des projets et programmes
communs” et de “l’intensification des échanges”.
![]() Entretien Ben Ali - Kadhafi au palais de Carthage (Tunisie). |
![]() Yasser Arafat s’entretenant avec le président Ben Ali. |
La Libye, rappelle-t-on, est le premier partenaire commercial de la
Tunisie à l’échelle du Maghreb (qui regroupe, outre ces deux
pays, l’Algérie, le Maroc et la Mauritanie) et du monde arabe, avec
un volume d’échanges qui a atteint près de 500 millions de
dollars en 1998, Tunis et Tripoli ayant convenu de porter à 700
millions de dollars en 1999.
Lors de ses entretiens avec le président Ben Ali, le colonel
Kadhafi a rendu hommage à la Tunisie pour le soutien constant apporté
à son pays “dans toutes les circonstances et à diverses périodes”,
a ajouté la même source, faisant allusion à l’attitude
adoptée par Tunis en plaidant pour la levée des sanctions
internationales imposées à la Libye, du fait de son implication
présumée dans l’affaire de Lockerbie et aux facilités
de transit accordées aux Libyens durant la période de l’embargo
aérien auquel était soumis ce pays voisin de la Tunisie.
Décrété en 1992, cet embargo a été
suspendu en avril dernier, après que Tripoli eut livré ses
deux ressortissants soupçonnés d’être responsables
de l’attentat contre un avion de la PANAM qui avait explosé en 1988
au-dessus du village écossais de Lockerbie faisant 270 morts. Les
deux suspects libyens doivent être jugés aux Pays-Bas en février
prochain par un tribunal écossais.
S’agissant de l’Union du Maghreb arabe (UMA), les dirigeants tunisien
et libyen “ont insisté sur la nécessité d’assurer
la complémentarité des efforts aux plans bilatéral
et régional afin de dynamiser les structures de l’union”, a encore
indiqué le porte-parole tunisien.
Le président Ben Ali et le colonel Kadhafi s’étaient
rencontrés déjà en début de semaine, en marge
du sommet africain tenu dans la capitale algérienne du 12 au 14
juillet.
Outre les rapports bilatéraux et les questions africaines d’actualité,
les deux dirigeants avaient “insisté sur la nécessité
de réunir toutes les conditions favorables à la réussite
des prochaines échéances maghrébines”, en vue d’impulser
le processus d’édification de l’UMA qui doit tenir son prochain
sommet à l’automne en Algérie, après un gel des activités
de cet ensemble sous-régional dû essentiellement au différend
opposant Alger et Rabat, au sujet du problème du Sahara occidental.
La visite du numéro un libyen à Tunis intervenait 24
heures après celle du président Yasser Arafat, au cours de
laquelle le président de l’Autorité palestinienne a eu des
discussions avec le président Ben Ali au sujet de ses récents
entretiens avec le nouveau Premier ministre israélien, Ehud Barak.
Le dirigeant palestinien a indiqué qu’il était venu recueillir
“les conseils et les avis importants du président tunisien qui nous
sont fort utiles pour sauver l’opération de paix et impulser les
processus palestinien, syrien et libanais, de manière à ce
que la paix s’instaure dans toute la région, qu’elle soit équitable
et globale et débouche sur l’établissement d’un Etat palestinien
indépendant, avec pour capitale Al-Qods.”
Le gouvernement japonais a accordé, dernièrement, à la Mauritanie une subvention de 370 millions de yens, soit l’équivalent de 555 millions d’ouguya (1 dollar = 230 ouguyas). Ce montant est destiné à développer et à augmenter la production agricole mauritanienne, en vue de permettre au pays d’atteindre son objectif en matière de sécurité alimentaire. Le don servira à financer l’acquisition de produits phytosanitaires, d’engrais, de machines et d’équipements agricoles.
La saison des festivals bat son plein en Tunisie
en cette période estivale de vacances, synonyme de détente
et d’évasion. Caractéristique de ce pays méditerranéen,
chaque ville et chaque village ont désormais leur propre festival
imprégnant une note de gaîté et une ambiance de fête
du nord au sud, de l’est à l’ouest.
En accroissement constant au fil des années,
ces manifestations culturelles et artistiques animées par des troupes
et des vedettes tant locales qu’étrangères, surtout arabes,
maghrébines et orientales, ont vu leur nombre atteindre cet été
258 festivals, contre 237 l’an dernier. Le nombre des espaces abritant
ces manifestations a, également augmenté, passant de 225
à 246, tandis que celui des spectacles est passé de 1.494
en 1998 à 1.501 en 1999.
Au plan du contenu, chaque saison enregistre
des améliorations notables. Ainsi, parallèlement à
la spécialisation, la matière proposée au public se
caractérise par la diversité et le souci de la qualité,
à travers la programmation de toutes les formes artistiques : musique,
cinéma, théâtre, arts plastiques, animations culturelles.
Mais ce qui distingue réellement les festivals
en Tunisie, c’est leur extension géographique et sociale, de manière
à ce que ces manifestations couvrent l’ensemble du pays et soient
à la portée de toutes les catégories de la société.
Quant aux festivals internationaux, tels ceux
de Carthage qui attirent les stars mondiales, Hammamet, Tabarka (jazz),
El Jem (symphonique) et autres, ils sont devenus de véritables institutions
polarisant public et artistes de Tunisie et de divers horizons.
Les festivals constituent, par ailleurs, en Tunisie
des supports essentiels à la production culturelle et artistique,
l’Etat demeurant néanmoins, à travers le ministère
de la Culture, le principal intervenant dans le financement. Soucieux de
stimuler la création tunisienne, l’Etat a apporté son soutien
cet été à 89 pour cent des spectacles, avec une enveloppe
d’un million de dollars environ.
Le festival de Carthage est incontestablement
le plus prisé, eu égard non seulement à sa renommée
internationale, mais aussi au cadre mythique qu’il offre avec ses fameuses
ruines romaines et singulièrement son célèbre amphithéâtre
où se déroulent les manifestations.
Georges Wassouf sur scène à Carthage.
GEORGES WASSOUF FAIT UN TABAC À CARTHAGE
Le festival de Carthage offre toujours un menu
alléchant. Cet été, outre les grands noms de la chanson
tunisienne dont Lotfi Bouchnak, Amina Fakhet, Slah Mosbah, des vedettes
arabes et notamment libanaises (Wadih Safi, Majida Roumi et Georges Wassouf)
figurent au programme.
Ce dernier, idole des jeunes, a fait un tabac
samedi dernier à Carthage qui a rassemblé, à cette
occasion, environ 15.000 spectateurs. Le concert de Wassouf a tenu le contrat
prévu et même au-delà, suscitant l’adhésion
“enflammée” du public, écrit le journal “Le Temps” de Tunis.
Faisant preuve de maturité et de métier, ce chanteur à
voix, a su combiner les atouts du “tarab” et les exigences du large public
(..) qui était sous le charme, soumis à la ferveur sans trop
demander pourquoi ni comment la star arrivait en même temps à
communiquer l’émotion et le plaisir à la fois, l’envie de
se recueillir et l’envie de danser, ajoute le journal.
Un sommet de l’Union du Maghreb arabe (UMA) se tiendra à Alger
fin novembre, “en tous cas avant la fin de l’année”, a annoncé
le président algérien Abdelaziz Bouteflika, dans une conférence
de presse tenue au terme de la 35ème conférence au sommet
de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) que vient d’abriter
la capitale algérienne du 12 au 14 juillet
L’UMA qui regroupe l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie
et la Tunisie et dont la présidence en exercice est assurée
de manière tournante par chacun des cinq pays, ne s’est pas réunie
au sommet depuis 1993, en raison des mauvaises relations entre l’Algérie
et le Maroc.
Le président algérien a rappelé que ces relations
se sont dégradées lorsque le Maroc avait instauré
un visa d’entrée sur son territoire pour les Algériens.
La décision avait été prise après un attentat
en août 1994 ayant coûté la vie à deux touristes
espagnols à Marrakech. L’Algérie avait, alors, répliqué
par la fermeture de sa frontière terrestre avec son voisin.
AMELIORATION DES RAPPORTS ENTRE L'ALGERIE ET
LE MAROC
Depuis l’accession de M. Bouteflika à la tête de l’Etat
algérien en avril dernier, les relations entre les deux pays connaissent
une amélioration sensible.
Il a indiqué que les deux pays se sont entendus pour dissocier
les questions bilatérales de celle du Sahara occidental qui empoisonne
les rapports entre les deux pays. “Nous demandons l’application, ni plus
ni moins, des accords de Houston et nous nous engageons à respecter
les résultats du référendum d’autodétermination
quels qu’ils soient”, a-t-il affirmé.
L’ONU prévoit d’organiser l’an prochain cette consultation dans
l’ancienne colonie espagnole que se disputent depuis 1975 le Maroc et le
front Polisario, soutenu par l’Algérie.
OUVERTURE IMMINENTE DES FRONTIÈRES?
Par ailleurs, selon le journal marocain “Al Bayane”, “les dirigeants
des deux pays ont donné des signaux très forts quant à
l’imminence de la réouverture des frontières entre les deux
pays”. Après avoir estimé que les choses commencent à
se préciser de part et d’autre, le quotidien affirme que “l’optimisme
gagne du terrain et un certain soulagement commence à se sentir
au sein de l’opinion publique marocaine et algérienne.
Pour “Al Bayane”, les deux pays s’apprêtent donc à inaugurer
une nouvelle ère dans leurs relations et à enterrer, définitivement,
toutes les situations ayant conduit au gel. Le réchauffement des
relations bilatérales, prélude à l’éclaircissement
du ciel maghrébin, serait de nature à créer un climat
favorable à la relance de l’Union du Maghreb arabe et serait bénéfique,
à plus d’un titre, aux peuples de la région, laquelle aspire
à l’instauration d’un espace économique fort pour entrer
en émulation avec les autres sphères économiques régionales,
ajoute le journal qui fait valoir qu’en assainissant leurs relations bilatérales,
l’Algérie et le Maroc contribueront à l’émergence
d’un pôle régional compétitif qui constituerait une
locomotive au reste du monde arabe.
Ce commentaire du quotidien de Rabat fait suite aux déclarations
faites dans ce sens par le roi Hassan II du Maroc, lors de la visite officielle
qu’il vient d’effectuer en France. Notant que l’arrivée au pouvoir
en Algérie de M. Abdelaziz Bouteflika est une “excellente chose
pour le Maroc”, le souverain a confirmé qu’il rencontrerait “très
bientôt” le chef de l’Etat algérien. Il a indiqué que
le dialogue entre le Maroc et l’Algérie pourrait conduire à
la reprise du “grand rêve” d’un Maghreb uni de l’Atlantique à
la mer Rouge. “Ceci pourrait être réalisé dans les
trois ou quatre ans”, a précisé le roi.
MAROC
Le parlement marocain a adopté un projet de loi portant création
d’une agence marocaine de développement social.
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