![]() |
"Que
s’est-il passé au juste à Dennieh? Les milieux officiels
doivent élucider cette affaire, car aucune version claire n’en a
été donnée”, a déclaré M. Abdel-Rahim
Mrad, député de la Békaa-ouest, qui condamne les affrontements
entre l’Armée libanaise et les rebelles, provoqués par l’embuscade
tendue par ces derniers à la troupe.
Au plan politique, son nom est apparu ces derniers temps dans la Presse, suite à sa réconciliation avec son ancien colistier aux législatives de 96, M. Mahmoud Abou-Hamdane, suivie de réunions de leurs collègues locaux, en prévision des prochaines élections générales. Explicitant sa position envers le gouvernement, M. Mrad fait état de divergences de vues avec le président Salim Hoss autour des attributions de la présidence du Conseil, tout en rendant hommage aux réalisations accomplies par le président Rafic Hariri. |
LE BLOC DE LA BÉKAA-OUEST S’EST RESSOUDÉ
Tout d’abord, le parlementaire békaaiote tient à infirmer
les informations de presse selon lesquelles une liste de coalition aurait
été constituée dans sa circonscription. “La réunion
tenue par les députés de la région au domicile de
M. Robert Ghanem, précise-t-il, a été mal interprétée.
Ces retrouvailles après une longue suspension de nos rencontres
mensuelles, avaient pour but de disssiper les malentendus entre les membres
de notre bloc parlementaire ayant résulté de différends
à propos de la formation des listes aux élections municipales.
Mais la constitution d’une liste de coalition, en prévision
des législatives est prématurée, bien que tous les
collègues manifestent l’intention de coopérer dans ce domaine.
LOI ÉLECTORALE VALABLE
Quelle est votre opinion à propos de la nouvelle loi électorale?
C’est une loi valable et, à mon avis, le découpage des
circonscriptions rend plus authentique la représentation de la volonté
populaire.
Quelle est la véracité des rumeurs selon lesquelles
vous envisagez de coopérer avec le président Hariri dans
la Békaa ouest?
Notre alliance persiste avec M. Hariri qui a rendu bien des services
au Liban avant d’accéder à la présidence du Conseil
et durant tout le temps où il a assumé les charges officielles.
Les réalisations qu’il a accomplies dans tous les domaines en témoignent,
en plus de ses contacts à l’échelle internationale qui ont
rétabli notre pays dans le concert des nations.
Au plan des législatives, je ne sais pas encore comment il compte
se comporter, étant entendu qu’il concentre ses efforts, actuellement,
à Beyrouth où il posera sa candidature.
Naturellement, il compte des alliés et des sympathisants dans
les différentes régions libanaises, mais je ne peux dire
s’il soutiendra des candidats déterminés en dehors de la
capitale. Je ne nie pas qu’une vieille amitié me lie au président
Hariri.
LES INCIDENTS DE DENNIEH
Comment évaluez-vous les graves incidents dont le jurd de
Dennieh a été le théâtre et auront-ils des retombées
dans d’autres régions libanaises?
Je ne crois pas qu’ils auront des répercussions en dehors du
Liban-Nord.
Quant aux incidents de Dennieh, on n’est pas suffisamment informé
de ce qui s’est passé, car les milieux officiels n’ont pas révélé
l’identité des rebelles. Les troubles de Dennieh sont regrettables,
d’autant qu’on a déploré plusieurs martyrs dans les rangs
de la troupe. Nous espérons que cette page est maintenant tournée
d’une manière définitive.
Vous semblez insinuer qu’il y aurait eu négligence dans la
manière de traiter ce dossier par le Pouvoir?
Selon les médias, les rebelles ne sont pas clairement connus
quant à leur véritable identité et à leurs
accointances.
Ces incidents pourraient avoir quelque rapport avec la relance des
négociations avec Israël sur le volet syrien. C’est à
l’Autorité officielle de tirer les choses au clair.
LE CONFLIT AVEC ISRAËL
Le dossier de cette affaire a été déféré
à la Cour de Justice qui révèlera tous les dessous
de cette tentative de sédition...
Je souhaite que cette haute juridiction fournisse aux citoyens de plus
amples renseignements à la faveur des investigations en cours et
du procès des prévenus.
Quoi qu’il en soit, il importe que le front intérieur soit consolidé
pour pouvoir faire face aux défis, d’autant que l’Etat hébreu
ne cesse de susciter des difficultés en vue de torpiller le processus
de paix.
Comment qualifiez-vous vos rapports avec le chef du gouvernement?
J’ai été l’un de ses alliés dans le passé
et je respecte l’homme, mais je ne partage pas sa position quant à
la gestion des affaires publiques, surtout en ce qui concerne les attributions
de la présidence du Conseil. Puis, le “Cabinet des 16” sur lequel
les Libanais ont fondé beaucoup d’espoirs, se distingue par son
immobilisme et se contente de dénigrer ce qu’a accompli le précédent
gouvernement.
Quant aux membres du gouvernement, ils agissent davantage en directeurs
généraux qu’en ministres. Aussi, cherchent-ils à justifier
leur échec en parlant du lourd legs hérité du précédent
régime. Ils prétendent avoir supprimé la troïka,
alors que le “système du quota” persiste, autant que la corruption,
la réforme administrative n’ayant pas été poursuivie.
Pour ces raisons, nous sommes contre l’actuel gouvernement.
Quelles sont vos prévisions en ce qui concerne les prochaines
législatives?
Je prévois le retour d’un grand nombre parmi les députés
en exercice ce qui, espérons-le, réactivera la vie politique
et parlementaire.
Quoi qu’il en soit, toutes les parties sont unanimes à voir
dans la personne du président Emile Lahoud, l’espoir dans le changement
que tout le monde souhaite. Aussi, faut-il souhaiter que le confessionnalisme
politique soit aboli sous son mandat.