Saturnale


Par MARY  YAZBECK AZOURY

CES FRANÇAIS?
ÉTONNANTS!
Les Français ne cesseront jamais de nous étonner!
De plus en plus exigeants envers leurs gouvernants et, le plus stupéfiant, ils obtiennent ce qu’ils demandent.
Après la semaine de 35 heures, ils sont encore en train de maugréer.
La dernière?
Des milliers de postes viennent d’être créés à Saint Nazaire (non loin de Nantes à quelque 400 km de Paris), centre de construction navale. Une dizaine de grands paquebots ont été commandés du monde entier. Cela va assurer du travail pour une dizaine d’années.
Mais les familles des personnes engagées sur ces chantiers rouspètent.
Cela veut dire dans de nombreux cas, éloignement pour une semaine; pour d’autres, un peu plus, un mois, 400 km c’est beaucoup pour être séparé de son mari, de son fils, de son frère, etc...!
Alors que doivent dire les Libanais?
Depuis vingt-cinq ans pas une famille ne vit ensemble au complet... Le père se trouve dans un pays, la mère avec les filles au Liban, (le plus souvent), les hommes jeunes, étudient ou travaillent à l’étranger!
Ceux dont toute la famille vit non pas dans une même ville, mais dans un même pays, méritent d’être cités au livre Guiness des records.
Pauvres et pitoyables Libanais. Ils semblent résignés à tout et continuent à faire la claque aux dirigeants: Courtisans? Flagorneurs? Adulateurs?
Mais à quoi donc cela les mène-t-il?

***

L’HUMOUR? CONNAIS PAS
Telle pourrait être la devise des hommes politiques libanais.
Pompeux, sérieux, compassés, emphatiques, ils se prennent, en général, pour St Jean “Bouche d’or”.
Au programme, cette semaine, du “Larry King Show” sur la CNN, on voit le président Bill Clinton en train de faire de l’esprit à ses propres dépens. C’est l’autodérision. Cela se passe au cours du dîner annuel à la Maison-Blanche en l’honneur des correspondants de presse américains (voir aussi p. 19).
Lors de ce gala, le sérieux est exclu.
On demande au président Clinton s’il est en train d’écrire ses mémoires. Et lui de rétorquer: “J’ai assez de mal à rédiger correctement mon Curriculum Vitae pour oser écrire mes mémoires. Je laisse ce soin aux journalistes...” Eclat de rire général!
Ceci rappelle le commentaire de S.S. le Pape Jean-Paul VI. Les journalistes qui l’accompagnent en Egypte, lui demandent: “Comment va votre santé?” Et S.S. de rétorquer avec le sourire: “Je n’ai pas encore lu les journaux pour savoir comment je vais aujourd’hui...”
Churchill était l’un des plus paresseux et des plus indisciplinés des élèves de l’Ecole militaire. Un jour, son professeur donne à la classe pour sujet de dissertation: “Que pensez-vous de cette pensée de Napoléon: “Rien n’est impossible à un homme pourvu de volonté ferme et de persévérance?” Contrairement à son habitude, Churchill achève le premier son travail et l’apporte à son professeur. Celui-ci lit avec stupéfaction: “Je pense que jamais Napoléon n’a essayé de faire flamber une allumette en la frottant contre une briquette de savon”.

***

“THE COURAGE TO BE RICH”
L’écrivain américain, Suze Orman, auteur de “Key to Success” (La Clé du succès), vient de récidiver en publiant un autre best-seller: “The courage to be Rich” (Le courage d’être riche).
Cette jeune femme dont la profession est “Conseiller financier”, parle avec compétence et audace.
Elle explique: Il ne faut pas avoir de complexe d’être riche. Ni un complexe de supériorité, ni un complexe de culpabilité. (A moins d’avoir fait fortune d’une manière malhonnête ou frauduleuse).
Suze Orman parle des riches qui ont fait fortune en spéculant, en travaillant ou en ayant des idées lumineuses (comme Bill Gates).
Elle affirme qu’une des clés du succès et de la richesse, est de savoir diversifier ses avoirs.
Même si l’on n’a que mille dollars US, il ne faut pas les placer dans le même panier.
Faut-il emprunter pour investir? lui a-t-on demandé.
Oui, si l’on est citoyen d’un pays riche, à l’économie florissante, dans des conditions raisonnables, où règne une stabilité politique.
Toutes les conditions inexistantes au Liban.
Un autre conseil: “Self-Control” (Maîtrise de soi). Ne pas perdre la tête à la moindre fluctuation des marchés, avoir des nerfs excellents!

***

MAI: “MOIS DES FLEURS, MOIS DES PLEURS”
Parmi les traditions de mariage, nombreux sont les pays où les us et coutumes déconseillent pour des noces de bonheur, les mois de mai “mois des fleurs” et de novembre, “mois des morts”.
A la suite du spécial mariage publié la semaine dernière par “La Revue du Liban”, certains lecteurs ont remarqué, qu’en fait de mariages, il y a une génération, celle des jeunes filles ou femmes âgées entre trente et quarante ans et plus, qui semble destinée au célibat.
La raison?
Les jeunes gens célibataires du même âge ont disparu du Liban. En fait, les hommes qui ont émigré et continuent à le faire sont ceux qui auraient pu les prendre pour épouses. Les femmes de cet âge sont pour la plupart restées au Liban... Et les maris potentiels libanais, plus ils sont âgés, plus ils recherchent des “jeunes”. Le Libanais de 45 ans veut une épouse de moins de trente ans, ou à la rigueur de moins de 35 ans.
Pourtant, en Europe et surtout aux Etats-Unis, on tient de moins en moins compte de l’âge.
Si on regarde les couples royaux ou princiers, on remarque que les femmes sont en général un peu ou même beaucoup plus âgées que les hommes (selon les critères du monde arabe).
- Le roi Baudoin de Belgique est né en 1930. Son épouse, la reine Fabiola, est née en 1928.
- Victor Emmanuel de Savoie est né en 1937. Son épouse Marina Doria, est née en 1935.
- Le prince Thibaud de France est né en 1948 et son épouse, Marion Gordon, en 1942.
- Isabelle de France née en 1932, a épousé Frédéric de Schonborn né en 1939.
- Le roi Carl XVI Gustav de Suède né en 1946 a épousé Silvia Somerlagh née en 1943.
- Le prince Joachim du Danemark né en 1969, a épousé Alexandra Manley née en 1964.
- La princesse Anne d’Angleterre née en 1950 a pour époux Timothy Lawrence né en 1955...
Et on pourrait continuer longtemps, cette litanie!
Autres cieux, autres mœurs!
 
“INCH’ALLAH” SI DIEU LE VEUT
La “météo-girl” au Liban sur une chaîne TV comme on les appelle, commence l’énoncé de son bulletin par:
“Et maintenant la météo...
“Le temps sera, Inch’Allah, nuageux à pluvieux”, etc...
Et voilà qu’on met le Bon Dieu à toutes les sauces.


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