![]() Composition bidimensionnelle aux structures multidimensionnelles. |
![]() Correspondance entre le plein et le vide, entre le chaos et l’ordre. |
Le panorama offert par l’exposition témoigne, dans la variété
des thèmes et la qualité d’invention, de la vitalité
stimulante de l’artiste.
Le visiteur a la possibilité de connaître ces œuvres qui
veulent maintenir ou retrouver un rapport étroit avec une certaine
spiritualité liée à une réalité, objet
de l’expérience sensible et des vicissitudes humaines, soit dans
le for intérieur de l’homme, soit dans la projection des pensées,
des sentiments et des idées individuelles dans le milieu socio-culturel.
On note que si certaines œuvres sont des exercices intellectuels, d’autres,
par contre, répondent à un besoin profond, celui de fuir
une réalité discréditée pour conquérir,
précisément, une réalité nouvelle, un pur royaume
plastique épousant la fluidité de la vie intérieure,
ou s’ordonnant selon la structure et les rythmes des formes, gagnant une
densité qui les dépouille de l’accessoire et les rapproche
de leur essence.
![]() Un mode d’expression à la fois technique et conceptuel. |
![]() Lignes en mouvement, formes en développement. |
On constate chez cet artiste que le dessin, la gravure et la peinture
cessent d’être des techniques pour devenir un mode d’expression conceptuel.
Dans la majeure partie des cas, il s’agit de compositions bidimensionnelles
de formes et couleurs, aux structures multidimensionnelles, faites d’intuition,
de science et de technique, comportant des “stimulis” visuels. Ainsi, chaque
œuvre est une ligne en mouvement, une forme en développement, un
monde où la vie ne s’est pas encore achevée, tandis que la
fin a commencé à apparaître, une interdépendance
entre le statique et le dynamique, une correspondance entre le plein et
le vide, entre le chaos et l’ordre, l’existant et le non-existant; les
choses et les êtres, sorte de cosmogonie où tout devient mouvement,
vie, espace, forme et temps.
Avec Ernst Degasperi les lignes verticales, horizontales, diagonales
ou courbes, les cercles concentriques, les séquences répétitives
de lignes, bougent. Car miracle des effets optiques, on finit par avoir
une sensation de mouvement, une sorte de vertige où tout se mêle:
intuition, évasion, création, science, technique, imagination...
Les dessins et peintures sont une sorte de séance incantatoire,
d’envoûtement visuel d’une œuvre plastique.