QUI A REMPLACÉ QUI?
AU MONT-LIBAN
Dix-huit des trente-cinq députés qui représentent
cette circonscription ont perdu leurs sièges parlementaires ouvrant
le chemin à quatorze nouveaux venus, Place de l’Etoile et au retour
de quatre anciens députés.
CIRCONSCRIPTION ÉLECTORALE DE JBEIL-KESROUAN
A Jbeil, pour les deux sièges maronites: Nazem Khoury
et Farès Souaid ont remplacé Emile Naufal et Mme Nouhad Souaid.
Pour le siège chiite: Abbas Hachem a remplacé
Mahmoud Awad.
Au Kesrouan, pour trois des cinq sièges maronites: Neemtallah
Abi-Nasr, Georges Frem et Farid el-Khazen ont remplacé Camille Ziadé,
Elias el-Khazen et Rouchaïd el-Khazen.
Au Metn-Nord, pour deux sièges maronites: Emile Emile
Lahoud et Pierre Amine Gemayel ont remplacé Chaker Abou-Sleiman
et Habib Hakim.
Pour le siège grec-orthodoxe: le Dr Albert Moukheiber
a remplacé Raji Abou-Haïdar.
![]() M. Nabih Berri. |
![]() M. Rafic Hariri. |
![]() M. Michel Murr. |
![]() M. Walid Joumblatt. |
CIRCONSCRIPTION DE BAABDA-ALEY
A Baabda, pour trois sièges maronites: Salah Honein,
Antoine Ghanem et Abdallah Farhat ont remplacé Elie Hobeika, Jean
Ghanem et le Dr Pierre Daccache.
Pour le siège chiite: Ali Ammar a remplacé Salah
Haraké.
A Aley, pour deux sièges maronites: Pierre Hélou
et Fouad Saad ont remplacé Antoine Hitti et Abdo Bejjani.
Au Chouf, pour un siège grec-catholique: Nehmé
Tohmé a remplacé Khalil Abdel-Nour.
Un siège maronite: Elie Aoun a remplacé Wadih
Akl.
Un siège sunnite: Mohamed Hajjar a remplacé Zaher
el-Khatib.
À BEYROUTH
Dans la capitale, quatorze des dix-neuf députés ont perdu
leurs sièges et on compte douze nouveaux venus.
Pour les sunnites: Ghenwa Jalloul, Mohamed Kabbani, Walid Ido,
Bassem Yammout ont remplacé le président Salim Hoss, Tammam
Salam, Bahaëddine Itani et Salim Diab.
Pour les chiites: Mohamed Berjaoui et Nasser Kandil ont remplacé
Mohamed Youssef Beydoun et Hussein Yatime.
Pour le siège maronite: Ghattas Khoury a remplacé
Ghassan Matar.
Pour le siège druze: Ghazi Aridi a remplacé Khaled
Saab.
Pour le siège protestant: Bassel Fleihane a remplacé
Ibrahim Dadayan.
Pour le siège grec-orthodoxe: Atef Majdalani a remplacé
Najah Wakim.
Pour le siège des minorités: Nabil de Freige a
remplacé Jamil Chammas.
Pour les sièges arméniens: Jean Oghasabian, Serge
Toursarkissian et Hagop Kassardjian ont remplacé Hagop Demerdjian,
André Tabourian et Jacques Jokhadarian.
![]() M. Sleimane Frangié. |
![]() M. Issam Farès. |
![]() M. Elie Ferzli. |
![]() M. Emile E. Lahoud. |
AU LIBAN-NORD
Dans les deux circonscriptions du Liban-Nord, huit des vingt-huit députés
qui représentent ce mohafazat ont perdu leurs sièges.
Au Akkar, deux sièges sunnites: Jamal Ismaïl et
Mohamed Yéhya ont remplacé Talal Méraabi et Khaled
Daher.
Un siège grec-orthodoxe: Karim Racy a remplacé
Riad Sarraf.
Un siège maronite: Mikhaël Daher a remplacé
Faouzi Hobeiche.
A Tripoli, pour deux sièges sunnites: Najib Mikati et
Mohamed Safadi ont remplacé Ahmed Karamé et Omar Meskaoui.
A Zghorta, un siège maronite: César Mouawad a
remplacé Stéphane Doueihy.
Au Koura, pour un siège grec-orthodoxe: Salim Saadé
a remplacé Nicolas Ghosn.
Sur les huit nouveaux venus, trois sont d’anciens députés.
DANS LA BÉKAA
Au niveau des trois circonscriptions de la Békaa représentées,
au total, par vingt-trois députés, quatre ont perdu leurs
sièges.
A Baalbeck-Hermel, pour un siège chiite: Mohamed Yaghi
a remplacé Ibrahim Amine el-Sayed.
Pour un siège sunnite: Massoud Hojeiry a remplacé
Ismaïl Soukkariyé.
Pour le siège maronite: Nader Succar a remplacé
Rabia Keyrouz.
A Zahlé, pour le siège grec-orthodoxe: Youssef
Maalouf a remplacé Chaouki Fakhoury.
![]() M. Farès Bouez. |
![]() M. Talal Arslane. |
![]() M. Elie Skaff. |
![]() M. Pierre A. Gemayel. |
AU LIBAN-SUD
Dans cette circonscription représentée par vingt-trois
députés, quatre ont perdu leurs sièges.
A Jezzine, pour un siège maronite: Georges Najm a remplacé
Sleimane Kanaan.
Pour le siège grec-catholique: Antoine Khoury a remplacé
Nadim Salem.
A Marjeyoun-Hasbaya, pour le siège sunnite: Kassem Hachem
a remplacé Ahmed Soueid.
A Bint-Jbeil, pour un siège chiite: Ali Bazzi a remplacé
Hassan Alawiyé.
Sur les 128 députés, onze anciens députés
ont retrouvé des sièges perdus en 1996 ou 1992: Pierre Hélou,
Fouad Saad, Mikhaël Daher, Youssef Maalouf, Salim Saadé, Karim
Racy, Albert Moukheiber, Mohamed Berjaoui, Ali Ammar, Mohamed Kabbani et
Mohamed Yaghi.
Quant aux grands absents du parlement 2000, ce sont: le président Salim Hoss, MM. Tammam Salam, Najah Wakim, Mohamed Youssef Beydoun, Elie Hobeika, Pierre Daccache, Nadim Salem, Talal Méraabi et Zaher el-Khatib. |
Le nouveau
parlement compte un éventail de professions, avec une dominante
d’hommes d’affaires et de grands entrepreneurs. Les médecins semblent,
quant à eux, de plus en plus portés vers la politique; ceux-ci
sont 12 médecins et trois dentistes à la Chambre 2000. Les
avocats - au nombre de 22 - y ont toujours leur place, peut-être
un peu moins que par le passé.
On compte un ancien magistrat, deux anciens officiers supérieurs de l’Armée, un ex-mohafez, des journalistes, des gens ayant fait de l’enseignement. Les hommes d’affaires et entrepreneurs en tous domaines ont des formations académiques éclectiques: ingénieur civil, agronome, commerce, industrie, gestion des entreprises, business, sciences économiques et politiques, etc... Des diplômés en lettres, philosophie, sociologie, histoire, psychologie, relations internationales, en math, en chimie siègeront dans l’hémicycle. Les médecins et Chirurgiens dentistes (15)
Carrière militaire (3)
Les Journalistes (10)
Les juristes (26)
Les hommes d’affaires et entrepreneurs (47)
Professeurs, enseignants et hommes de lettres (14)
Divers (13)
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Dans la
nouvelle législature, la présence partisane a connu certaines
transformations, quoique toujours limitées. Le parti chiite “Amal”
a conservé le même nombre de sièges et compte le plus
de députés (9), suivi du “Hezbollah” (8), du PSP (5) et du
PSNS (4). Le parti Kataëb a réintégré l’hémicycle
dont il était absent depuis Taëf, avec trois députés;
le Bloc national (BN) y a des sympathisants; le PNL, les FL, le courant
aouniste y sont toujours absents. Ils avaient, d’ailleurs, appelé
au boycott des législatives et il reste beaucoup à faire
pour que les différentes fractions politiques du pays soient représentées
au parlement. La chose la plus urgente et primordiale à faire est
l’élaboration d’une nouvelle loi électorale équitable,
basée soit sur la petite circonscription, soit uninominale. Sinon,
le déséquilibre de la représentation, la mainmise,
les bulldozers et rouleaux-compresseurs se perpétueront.
1 - Le parti chiite “Amal” a conservé le même nombre
de sièges avec neuf députés: Nabih Berri, Mohamed
Abdel-Hamid Beydoun, Ayoub Hmayed, Ali Khreiss, Ali Hassan Khalil, Ali
Bazzi (nouveau), Mahmoud Abou-Hamdane, Yassine Jaber et Ghazi Zéaïter.
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Un autre phénomène caractérise la vie parlementaire,
non seulement par rapport à la présente législature
mais de toutes les précédentes et bien avant 75, c’est la
succession de père en fils.
De toute façon, ce phénomène n’est pas exclusif au Liban et se manifeste dans les démocraties: il n’y a qu’à voir le rôle des Kennedy ou des Bush, qui se succèdent de père en fils en Amérique. Concernant le Liban, le rôle de la famille et du clan, le découpage électoral en vertu de l’équilibre confessionnel, l’impact insuffisant des partis et groupes politiques sont parmi les facteurs qui, de tout temps, ont favorisé ce legs familial. Dans le nouveau parlement, parmi les nouveaux élus ou ceux qui ont retrouvé leur siège, plus d’un quart des membres portent ce legs. Il y a les fils d’anciens parlementaires et hommes politiques: Omar Karamé, Sleiman Frangié, Salim Saadé, Karim Racy, Salah Honein, Talal Arslan, Emile Lahoud, Pierre Amine Gemayel, Ghassan Achkar, Walid Joumblatt, Mansour el-Bone, Farès Bouez, Farès Souaid, Michel Pharaon, Elie Skaff, Khalil Hraoui, Ali Osseirane, Fayçal Daoud et Moustapha Saad. D’autres appartiennent aux grandes familles politiques: Pierre Hélou, Fouad Saad, Abdel-Latif el-Zein, Mikhaël Daher, Nassib Lahoud, Marwan Hamadé, Nabil de Freige, Hussein Husseini, Elie Ferzli, Michel Murr, Anouar el-Khalil, Ali el-Khalil, Robert Ghanem et Abdallah Farhat. Deux des trois femmes parlementaires portent aussi cet héritage: Nayla Mouawad est l’épouse du président-martyr, René Mouawad; Bahia Hariri est la sœur de l’ancien Premier ministre, Rafic Hariri. Cet héritage politique n’enlève rien à leur mérite. Il leur facilite sans doute l’arrivée à la Place de l’Etoile, mais chacun est appelé, ensuite, à donner ses preuves. D’ailleurs, quand on grandit dans un milieu politique, on est souvent tenté d’en faire, d’autant qu’on peut se faire connaître plus facilement. N’empêche que, depuis Taëf, bon nombre de nouveaux venus sont arrivés à la Place de l’Etoile par le biais des “bulldozers”, des “autobus” du pouvoir de “l’argent” et par les machines électorales du “Hezbollah”, du mouvement “Amal” et du raz-de-marée haririen. Sont-ils plus représentatifs que les députés de père en fils, ou de ceux qui appartiennent aux grandes familles politiques? La question est très discutable. Tel qu’on ne cesse de le dire et de le réclamer seule une nouvelle loi électorale équitable, sur la base du caza, ou uninominale assurera une véritable représentativité du citoyen. |
Le parlement 2000 regroupe une bonne proportion de députés
jeunes, puisque 55 des 128 sont âgés entre 35 et 50 ans.
Une proportion d’âge mûre presque égale, 54 députés ont entre 51 et 65 ans. Le plus jeune des 128 est Emile Emile Lahoud, fils du chef de l’Etat. Il a tout juste 25 ans et a été élu député du Metn-Nord sur la liste présidée par Michel Murr, ministre de l’Intérieur. Dans cette même circonscription, un autre jeune, qui faisait cavalier
seul, a été élu: Pierre Amine Gemayel (28 ans) est
le fils de l’ancien chef de l’Etat, Amine Gemayel.
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