La messe célébrée annuellement
en mémoire des martyrs des Forces libanaises a pris, cette fois,
un cachet particulièrement tolérant et rassembleur de l’Opposition,
si l’on considère la présence du courant aouniste;
mais aussi, celle de M. Dory Chamoun, chef du PNL. L’homélie
de S.Em. le cardinal Nasrallah Boutros Sfeir, qui parrainait la messe
et l’allocution de Mme Sethrida Geagea, invitant les uns “à
tourner la page du passé” et les autres “à miser
sur l’entente interne” étaient un véritable
appel au pardon et à l’entente nationale.

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La foule devant la basilique Notre-Dame du Liban à Harissa
brandissant les drapeaux des FL.
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Les principaux représentants de l’Opposition, de nombreux
députés et une foule innombrable estimée à
près de vingt mille personnes, ont assisté à la messe
solennelle, qui a été célébrée dimanche
par Mgr Chucrallah Harb, représentant le patriarche Sfeir, à
la basilique Notre-Dame du Liban, à Harissa en présence,
notamment, de Mme Solange Bachir Gemayel et de son fils Nadim; du Dr Fouad
Abou-Nader, ancien chef des FL; de MM. Georges Haoui et Sami Amine Gemayel;
du général Nadim Lteif, représentant le général
Michel Aoun; des cadres du courant aouniste représenté par
Hikmat Dib, candidat à l’élection partielle de Baabda-Aley;
de son adversaire, M. Henri Hélou; de MM. Melhem Karam, président
de l’Ordre des journalistes, de Mes Edmond Naïm et Issam Karam,
avocats de M. Samir Geagea.
On notait, également, au premier rang, la présence de Mme
Nayla Moawad; du Dr Farès Souhaid; de MM. Mansour el-Bone, Salah
Honein, Antoine Ghanem, Farid el-Khazen, Neemtallah Abi-Nasr, Georges
Frem et Ghassan Moukheiber, députés; et de nombreuses autres
personnalités.
Les trois mille places de la basilique étaient occupées
par les familles des martyrs et d’anciens responsables des FL, alors
que la cour extérieure était envahie de milliers de partisans
portant des drapeaux libanais et des FL.

MM. Melhem Karam, Michel Sassine, Georges Frem, Georges Haoui,
Nadim Lteif, Elie Karamé, Dory Chamoun et Gabriel Murr. |
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MM. Henri Hélou, Joseph el-Hachem, Antoine Ghanem, Ghassan
Moukheiber, Neemtallah Abi-Nasr, Farid el-Khazen, Hikmat Dib, Farès
Souhaid et Mansour el-Bone.
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Sfeir: “Il faut tourner la page du passé
et ouvrir les portes des prisons”
Après la lecture de l’Evangile, Mgr Youssef Tok a donné
lecture du message du cardinal-patriarche Sfeir soulignant “la nécessité
de réaliser une réconciliation globale, de tourner la page
du passé et d’ouvrir les portes des prisons”, allusion
au Dr Samir Geagea, leader des FL, emprisonné depuis près
de dix ans.
Le patriarche a encore appelé les familles des martyrs “à
méditer le sacrifice de leurs enfants qui ont donné leur
vie pour défendre le Liban, afin qu’il reste libre et souverain.
“Ne videz surtout pas leur sacrifice de son sens, dit-il, en vous
laissant entraîner dans des dissensions et des querelles stériles”.
Et de poursuivre: “Nous avons suffisamment enduré du fait
des divisions et des dissensions. Il est grand temps d’unifier les
rangs et les volontés. Le pays ne pourra se redresser qu’en
unifiant les efforts de tous ses fils. Nous ne pourrons mettre fin à
la situation dans laquelle nous nous trouvons, que si nous œuvrons
tous ensemble pour atteindre un même objectif.
“L’expérience des événements, a conclu
Mgr Sfeir, a été très dure. Certains d’entre
vous continuent à payer un prix très lourd. Ils sont, soit
forcés à l’exode, soit poursuivis ou maintenus en
prison. Nous souhaitons aboutir à une réconciliation globale,
afin de tourner la page du passé, de dépasser les rancunes
et d’ouvrir les portes des prisons, de sorte que les Libanais se
retrouvent et tracent une nouvelle voie, afin d’œuvrer ensemble
au salut de la patrie et à mettre fin à toutes les crises”.

Mme Sethrida Geagea. |
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Une fillette portant les couleurs nationales.
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Sethrida Geagea: “Nous ne misons que sur
l’entente interne”
A la fin de la cérémonie religieuse, Mme Sethrida Geagea
a pris la parole sur le parvis de la basilique Notre-Dame.
Après avoir salué la mémoire des martyrs des FL elle
a rappelé les épreuves de la détention endurée
par Samir Geagea, “qui a préféré, a-t-elle
dit, sacrifier sa liberté personnelle, plutôt que de vivre
en exil”. Elle rappelle les efforts fournis et les facilités
offertes par les FL à l’Etat, pour le rétablissement
de son autorité et de la paix civile dans le pays, conformément
à l’accord de Taëf.
“Le déséquilibre national, l’absence de réconciliation
interne, l’élaboration de lois électorales façonnées
sur mesure pour satisfaire certaines parties et la justice sélective
n’ont valu que des désastres pour le pays, ajoute Mme Geagea.
Lorsque Samir Geagea est entré en prison, le pays a sombré
dans le déséquilibre, une partie des Libanais ayant alors
été marginalisés et tenus à l’écart
des affaires étatiques.
“Ces Libanais ont été empêchés de participer
à l’édification de leur pays et de son avenir. C’est
ce déséquilibre qui a fait que le peuple ne pouvait réclamer
des comptes (à ses dirigeants) et c’est ce qui a ouvert la
porte à tous les vices et perversités. Pour sortir de la
tourmente, il faut pouvoir demander des comptes et seuls les critiques
ont le droit de le faire. Pour cela, ils doivent pouvoir choisir leurs
représentants... La patrie ne peut être édifiée
par les pressions, la haine et la violence”.

Mgr Chucrallah Harb célébrant l’office divin.
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NE DÉSESPÉRONS PAS...
“Le Liban se construit par une justice et des libertés pour
tous... Nous assistons avec tristesse aux dures épreuves qu’endure
le pays sur les plans politique, économique et social, mais ne
nous laissons pas gagner par le désespoir. Nous sommes inquiets
face à la conjoncture régionale et ses retombées
sur le pays, dans ce climat d’incertitude qui ne présage
rien de bon. Mais nous misons sur l’entente interne véritable,
seule capable de consolider notre unité et d’affronter les
dangers. Ne nous réjouissons point des malheurs des autres, car
nous ne souhaitons nullement que l’édifice s’effondre
sur nos têtes”. Et de poursuivre: “Chers compagnons
et parents des martyrs, alors que le pays est le théâtre
de surenchères et de querelles stériles, nous continuons
à faire l’objet d’un traitement spécial qui
consiste à nous isoler et à nous opprimer sans relâche.
Mais nous sommes habitués à résister face aux tentatives
d’intimidation... Nous tendons la main à tous les Libanais
pour affronter les difficultés internes et les dangers qui menacent
la région. Nous devons œuvrer ensemble, afin d’édifier
l’Etat de droit et des institutions démocratiques stables
et pour recouvrer l’indépendance, la liberté, la souveraineté
du Liban et réactiver son rôle, comme l’a souligné
l’Exhortation apostolique. Nous lançons un appel en vue de
tourner la page des conflits, tous les conflits, afin que le Dr Geagea
sorte de prison et pour que le Liban redevienne la patrie de la justice,
de la liberté et de l’égalité. On se retrouvera
tous, un jour ou l’autre avec le “hakim”. Ce jour ne
doit plus être éloigné”, a conclu Mme Geagea.
Une messe dont l’impact, cette fois, semble porter plus que les
précédentes.
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