C’est un Liban divisé en deux camps distincts, voire hostiles, séparés par un long et très haut mur de grillages et de barbelés électrisés, qui a, cette semaine, commémoré le deuxième anniversaire de l’assassinat de Rafic Hariri, Bassel Fleihane et de leurs compagnons. Accompagné de dispositifs sécuritaires draconiens, le cérémonial s’est déroulé sans incident majeur.
Oscillant entre modération et invectives, invite au dialogue et escalade, les discours prononcés à cette occasion, place des Martyrs, ont adressé des messages en plusieurs directions: à l’intérieur, notamment au Hezbollah et à ses alliés, ainsi qu’au président de la République et, à l’extérieur, précisément à Damas.
Unanimes à afficher leur détermination à la formation du tribunal à caractère international, “clé de toute solution”, selon Saad Hariri, chef du Courant du Futur, 17 ténors de la majorité ont défilé à la tribune pour dénoncer le double et horrible attentat de Aïn Alak et réitérer, une fois de plus, leur appui au cabinet Sanioura, leur attachement à un Etat fort, capable, libre, souverain détenant le monopole des armes, de la décision de guerre et de paix.
MM. Saad Hariri.
|
|
Walid Joumblatt.
|
Bien que critiquant l’opposition, ils ont presque tous appelé à un retour au dialogue interlibanais. Cependant, des interventions qui ont marqué cette journée, celle de Walid Joumblatt, chef du PSP, est sans doute la plus mémorable. Virulent plus que jamais, le chef druze a renouvelé ses attaques contre le Hezbollah, l’opposition et le régime syrien. Traitant le président Bachar el-Assad de tous les noms, le qualifiant de “demi-homme”, de “despote”, de “monstre”, de “serpent” et de “singe”, M. Joumblatt a affirmé: “Le tribunal international viendra et avec lui, le châtiment et la peine capitale”. Passant outre aux règles de bienséance du discours politique, il a conseillé à sayyed Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, de remettre les armes à l’armée libanaise et de “réserver l’orge et le foin à ses alliés”. “Nous ne nous soumettrons pas au terrorisme, ni aux partis totalitaires. Nous ne serons terrorisés, ni par les menaces, ni par les missiles ou canons, “Fajr”, “Zalzal”, “Raad” (…) qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs” (…), a-t-il martelé.
Samir Geagea.
|
|
Ghassan Tuéni.
|
Oui à la participation, non au tiers de blocage
De son côté, Samir Geagea, chef des FL, a pris pour cible le “locataire de Baabda” rappelant au président Emile Lahoud que l’Histoire juge, immanquablement, les despotes et les oppresseurs. “Bloquez et complotez tant que vous voulez, vous partirez au terme de votre mandat prorogé par la force, pour rejoindre la “poubelle de l’Histoire” (…) Le Liban récupè-rera, alors, le palais, la présidence et la République”, a-t-il dit.
Soulignant que le Liban est le pays des équilibres, de la modération, du pluralisme et de la démocratie, le Dr Geagea a, à cette occasion, commencé son discours en affirmant: “Nous ne nous agenouillerons pas, nous ne nous soumettrons pas, nous ne nous rendrons pas, nous ne reculerons pas et nous poursuivrons les meurtriers jusqu’au bout de la terre”. Et d’ajouter: “Oui à une véritable participation. Non au tiers de blocage. Oui à des législatives qui les arrangent et nous conviennent. Oui à la véritable réforme et à la lutte contre la corruption. Non à l’exploitation politique de la réforme et la corruption. Oui à une vie constitutionnelle.Non au blocage de la Chambre. Nous n’accepterons d’autres armes que celles de l’armée libanaise (…). Le chef des FL qui a précisé que “le tribunal international viendra pour rendre justice et protéger la patrie” a, enfin, invité l’ensemble des Libanais “à sortir de la rue et à revenir au dialogue” (…)
Le monument des martyrs pris d’assaut.
|
|
Un mur composé de barbelés et des forces de l’Ordre sépare les deux camps.
|
LE TRIBUNAL REVELERA LA VERITE...
Se démarquant de ses deux alliés, Saad Hariri, chef du Courant du Futur, a laissé la voie ouverte au compromis. Remerciant tous ceux qui ont répondu à l’appel et sont venus rendre hommage à la mémoire des martyrs, le député de Beyrouth a estimé que “le tribunal international est la clé de toute solution”. Se déclarant disposé à prendre une décision courageuse pour le Liban et la solution de la crise, il a invité l’opposition à prendre, elle aussi, une telle décision de sorte que “les dires soient traduits en actes”. Il a, à cet égard, indiqué que “le tribunal international est non seulement indispensable pour révéler la vérité sur l’assassinat de Rafic Hariri mais, aussi, pour châtier le meurtrier, arrêter la série des attentats terroristes, garantir l’existence et l’avenir du Liban et faire comprendre aux assassins que le carnage perpétré à Aïn Alak ne restera pas impuni”.
M. Hariri a affirmé “qu’après deux ans, l’heure de la vérité a sonné et malgré les tentatives putschistes et les pneus brûlés pour paralyser le pays, le dernier chapitre pour la formation du tribunal se rapproche” (…)
Mme Bahia Hariri se recueillant sur la tombe de son frère-martyr.
|
|
Le président de l’Ordre des journalistes déposant une couronne de fleurs sur la tombe de l’ex-Premier ministre.
|
“Le Liban arabe, démocratique, civilisé, libre, ouvert; le Liban de Taëf, de la coexistence, de l’unité nationale triomphera. Et ses ennemis tomberont. Le Liban vainqueur est celui du dialogue et nous sommes les gens du dialogue. Le Liban vainqueur est celui de la concorde, de la solidarité et de l’unité nationale. C’est pourquoi, nous tendons la main du dialogue et de l’unité nationale à tous les Libanais pour parvenir à des décisions courageuses qui assureront notre unité, notre pays et notre avenir et garantiront la protection du Liban à travers le tribunal international et la sécurité du pays, le gouvernement devant représenter tous les blocs parlementaires librement élus”, a-t-il conclu.

Les supporters FL, descendus en masse.
|
LE CHANGEMENT A CEDE LA PLACE A LA PEUR
Marquée par le double attentat de Aïn Alak, la deuxième commémoration de l’assassinat de Rafic Hariri, ne ressemblait donc en aucun point au soulèvement populaire qui a secoué le Liban au lendemain de l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri. Entre le 14 février 2005 et le 14 février 2007, le paysage a grandement changé et le Liban a connu des bouleversements fort douloureux. L’euphorie de la “Révolution du Cèdre” a été ternie par la série d’assassinats et d’attentats, les tiraillements politiques internes, les clivages sévères survenus après la guerre. Et l’espoir d’un changement quelconque, voire d’un lendemain meilleur, a cédé la place à l’inquiétude, aux menaces de scission et la peur de demain.
Le 14 février 2007, la capitale chérie de Rafic Hariri renvoyait la triste image de deux Liban, antagonistes. C’est un Beyrouth divisé en deux qui est apparu, indigne de tout le sang versé. Non seulement un mur honteux de barbelés électrisés séparait ses fils, mais il a fallu un triple cordon de sécurité pour prévenir les incidents entre campeurs et manifestants. Une sorte de “no man’s land”, de zone-tampon pour éviter qu’opposants et loyalistes s’entretuent.
Le général Aoun pris pour cible.
|
|
Les membres des FSI fouillant les manifestants.
|
En ce jour, alors qu’à Riad Solh, place Debbas et rue des Lazaristes, l’activité semble timide, voire inexistante, la place des Martyrs, s’anime peu à peu.
Venus des quatre coins du pays, par voie terrestre et maritime, les délégations et convois, des supporters des FL, du PSP, du Courant du Futur, des Kataëb, du PNL, du BN, de la “Jamaa islamiya” et d’autres ont, dès dix heures, commencé à converger place des Martyrs. S’étendant depuis la mosquée Mohamed al-Amine jusqu’à Saïfi, en passant par le Nahar, la place de la Liberté dont le périmètre rétrécit d’année en année, était quadrillée par un dispositif sécuritaire impressionnant. En particulier, au niveau du mausolée de Rafic Hariri où l’estrade a été dressée. Croulant sous les gerbes de fleurs blanches, la tombe s’est transformée en un lieu de recueillement où les différentes personnalités du 14 mars défilent, tour à tour, pour réciter une prière ou la “fatiha”. Brandissant le drapeau libanais mais, aussi, américain et saoudien, ainsi que les fanions partisans, les sympathisants de la majorité ont clamé haut et fort leur appui inconditionnel au gouvernement Sanioura.
Au rythme des chansons partisanes et patriotiques, ils ont réaffirmé leur attachement à un Liban indépendant, libre et souverain. Munis de tambours, équipés de banderoles et de pancartes, ils ont affiché leur appartenance et leur opinion criant, tantôt leur haine à l’égard du régime syrien, tantôt de l’opposition. Aux slogans scandés, se mêlent invectives et insultes visant le Hezbollah, son leader et son public; le général Michel Aoun, le président de la République Emile Lahoud et les différentes composantes des Forces du 8 mars. Vers midi, la mani-festation atteint son point culminant et à 11h55, la foule entonne l’hymne national.
G. TUENI REPETE LE SERMENT DE GEBRANE...
Premier à prendre la parole, Ghassan Tuéni, journaliste émérite, invite la foule à répéter le serment de son fils-martyr Gebrane, apportant ses modifications personnelles “nous jurons de rester un corps uni pour défendre le Liban”. Dans son discours, le PDG du Nahar a considéré “qu’à travers Rafic Hariri, c’est le Liban qu’on a cherché à assassiner. En assassinant Rafic Hariri et ses compagnons de lutte et récemment Pierre Gemayel, c’est la concorde et l’unité nationale qu’on a voulu tuer”, dit-il.
Dénonçant le complot israélien visant à diviser les chrétiens et les musulmans pour permettre à l’Etat hébreu de conforter son entité raciste et théocratique, raillant les propos de Zarqaoui appelant les musulmans du Liban à éliminer les “croisés du Liban”, Tuéni a assuré que “complots et assassinats n’ébranleront pas le Liban”, soulignant que “les crimes contre l’humanité, en particulier la tentative d’assassinat du Liban à travers l’assassinat de Rafic Hariri et de ses compagnons doivent relever du tribunal international”.
Libérer le parlement
Intimant à l’opposition “l’ordre de libérer Beyrouth et le parlement”, Nayla Moawad, ministre des Affaires sociales, a appelé les “partenaires dans la patrie” à délaisser les paris, l’aventurisme, la politique des axes, des alliances, de blocage et de putsch. S’adressant, conjointement, aux opposants et aux “héros de l’indépendance”, elle a souligné “qu’il y a une réalité inévitable: leur putsch ne réussira pas quoi qu’ils fassent” .
Dressant un réquisitoire sévère contre le régime syrien, Mme Moawad l’a accusé d’avoir assassiné Rafic Hariri, Bassel Fleihan et 21 martyrs. “Ils les ont assassinés pour empêcher l’unité libanaise, vous empêcher de vivre indépendants et souverains et pour que le Liban demeure une simple carte de négociation. Mais ils n’ont pas réussi et ne réussiront pas à opprimer la volonté d’un peuple qui s’est révolté pour sa dignité (…) Tenez bon pour que la culture de vie triomphe de la mort, que justice soit faite et que la vérité soit révélée. Bachar el-Assad mène un putsch contre la Révolution du Cèdre. Il veut détruire le Liban sur la tête des Libanais (…), mais nous ne fléchirons pas et ne désespérons pas. Nous poursuivrons notre lutte (…) Le Liban triomphera mais le prix à payer est exorbitant.” (…)
Accusant certaines forces locales “de comploter avec l’extérieur”, la ministre des Affaires sociales a appelé l’opposition “à faire prévaloir l’intérêt du Liban, à la libération de Beyrouth, au respect du système démo-cratique; de ses mécanismes constitutionnels; à la libération du parlement et à la formation du tribunal international. La consolidation de la sécurité et de la stabilité, dit-elle, ne consiste pas en des condamnations verbales, ni en la protection de certains réseaux sécuritaires à Koura, ni dans le trafic des armes dans les camions, à travers la frontière ou la décision unilatérale de guerre ou de paix, mais en respectant et en s’egageant envers la légalité”.
Et Mme Moawad de conclure: “Au nom des Forces du 14 mars, je les appelle à un retour immédiat au dialogue, aux institutions, pour une parti-cipation active et non de blocage, à intégrer le projet d’Etat, l’Etat de Taëf…”
Concorde et justice
L’uléma Ali el-Amine, mufti de Tyr et de Djebel Amel, était le troisième orateur à s’adresser à la foule. Soulignant que peu d’hommes marquent l’Histoire de leur peuple et nation, cheikh Ali el-Amine a estimé que “Rafic Hariri fait partie de ces hommes, car il est devenu l’espoir et le rêve de ses compatriotes. Il avait franchi les frontières des confessions et des régions pour accéder à la citoyenneté globale et à l’humanité unificatrice.”
Le mufti de Tyr a, par ailleurs, précisé que l’édification de l’Etat et sa continuité supposent la présence de deux facteurs, à savoir: la concorde et la justice. Rappelant le rôle de Rafic Hariri dans l’accord de Taëf et dans la reconstruction du Liban, il a précisé que “la confrontation ne mènera à rien. Le conflit peut tout faire éclater, mais avec le dialogue, il est possible de tout obtenir”, dit-il ajoutant que “la concorde exige un retour à la logique de l’Etat et des institutions.”
Par ailleurs, les pays ou Etats ne survivent pas sans justice, condition nécessaire à la pérennité de toute société. “Il est étrange que quelqu’un fasse obstruction à une justice qui souhaite révéler la vérité sur les coupables et les assassinats. Nous disons que la justice représentée par les lois et institutions internationales, est capable de nous rendre justice, non pour nous venger, mais pour châtier les coupables”, conclut-il.
Le Liban restera
A son tour, Dory Chamoun, leader du PNL, prend la parole pour réaffirmer: “Le Liban restera: le Liban libre, indépendant et souverain. Le Liban de la démocratie, de la justice et de l’égalité. Le Liban des droits de l’homme, le Liban-message unique.”
S’adressant “aux partenaires dans la patrie”, M. Chamoun a affirmé: “Notre main est tendue pour sauver le Liban et pour le Liban. Il est inadmissible d’être intransigeant, d’accentuer les souffrances des Libanais et de les pousser au désespoir ou à l’émigration. Il est inadmissible de s’entêter et de s’attacher à des conditions qui mènent la situation au point de non retour. Il est inadmissible d’appauvrir le peuple et de paralyser l’économie (…)”.
Evoquant le carnage de Aïn Alak, il a mis en garde contre les “tentatives d’irakisation” du pays, invitant tous les Libanais “à revenir à la démocratie et à collaborer ensemble pour éteindre le feu avant qu’il ne soit trop tard”.
Carlos Eddé, “Amid” du Bloc national, a précisé qu’il existe, uniquement, deux options et deux choix politiques appelant ceux qui sont neutres et ceux qui sont restés à l’écart dans leur maison, à choisir leur camp, dès maintenant, en pensant aux résultats et répercussions de leur choix politique à long terme. Renouvelant ses attaques contre le général Michel Aoun, M. Eddé a de nouveau interrogé le député du Kesrouan si le Hezbollah l’avait mis au courant de sa décision de déclencher une guerre! Il a, par ailleurs, justifié ses attaques contre ce dernier, en l’accusant d’avoir changé le fusil d’épaule au milieu de la bataille.
Plan de sortie de crise de la “Jamaa”
Ali al-Cheikh Ammar, responsable du Bureau politique de la Jamaa islamiya a, dans son intervention, appelé à un dialogue responsable entre les différents courants libanais autour des questions critiques, de manière à stabiliser la situation. Il a dans ce cadre proposé un plan en sept points stipulant: “l’atténuation de la tension politique et l’élimination des facteurs de scission pour sauvegarder l’unité des Libanais dans toutes leurs composantes. L’activation et le retour aux institutions constitutionnelles, lieu naturel pour tout dialogue, au lieu de recourir à la rue et ce, pour éviter la confrontation.
“La formation du tribunal international, l’élargissement du gouvernement actuel en harmonie avec l’initiative arabe, l’élection d’un nouveau président de la République jouissant de la confiance de toutes les parties, l’élaboration d’un nouveau code électoral pour assurer une meilleure et juste représentativité, la mise en place d’une stratégie de défense capable de défendre le Liban contre toute agression sioniste et qui sauvegarde et le rôle de l’armée et celui de la résistance.”
Bachar el-Assad, “descendant des Assassins”
Elias Atallah, de la Gauche démocratique, qualifiant le président syrien de “descendant des Assassins”, a dit: “Le dialogue restera notre option, la Constitution et la légalité, notre bouclier. Le droit et la justice sont nos limites. Nous sommes ancrés ici et le peuple du Liban sera couronné par la gloire et les lauriers, alors que la défaite sera le lot des bourreaux sanguinaires et méchants”.
Et de renchérir: “L’ère est celle du tribunal et le châtiment des criminels sera la justice (…) Le tribunal viendra et Beyrouth restera le phare du pays du Cèdre et des Arabes.” (…)
Enlevez les barbelés
Modéré, Boutros Harb, député de Batroun, a appelé à la levée du mur de barbelés séparant les Libanais. “Ces barbelés électrisés ne sont pas à leur place. Ils doivent être à la frontière entre le Liban et Israël pour se défendre contre l’agression israélienne”, a-t-il lancé. Et d’inviter opposants et loyalistes à s’unir: “Réunissons-nous, serrons-nous les coudes et œuvrons ensemble pour édifier le Liban souverain et libre.”
Pour sa part, Jean Oghassabian, ministre du Développement admi-nistratif, a insisté sur le fait que “(…) la majorité n’abandonnera pas la formation du tribunal à caractère international. Nous ne couvrerons pas le meurtre et le meurtrier. Car nous sommes convaincus que toute couverture signifiera l’assassinat du Liban, de l’entité et de la patrie. Cela veut dire, aussi, se livrer à l’échafaud du bourreau et le sacrifice de nos martyrs. Pour ce, nous poursuivrons la lutte jusqu’à l’édification d’un Liban fort (…)”.
Evoquant une “vision”, le député Bassem el-Sabeh, a affirmé que le président Hariri recommande au peupe libanais le dialogue et le rejet de la violence.
12 heures 55, heure de l’assassinat du président-martyr, la musique s’arrête. La masse observe une minute de silence. Les cloches sonnent le glas et le muezzin récite la prière. Puis, diffusion des extraits du message de Mme Nazek Hariri et lâcher de ballons bleus. Après quoi, les orateurs reprennent leurs discours.
Michel Pharaon, ministre d’Etat, a affirmé: “L’Intifada de l’indépendance se poursuivra et toute tentative putschiste sera contrée par la politique de la main tendue et l’ouverture (…).”
Nassib Lahoud, chef du “Renouveau démocratique”, a estimé “qu’il est temps d’en finir avec cette crise qui menace, désormais, les assises de notre existence nationale (…)”.
Mohamed Safadi, ministre des Travaux publics, a affirmé que “la majorité est pour la reconstruction du pouvoir, à condition de commencer par la présidence de la République. Nous refusons les demi-mesures. Une solution est radicale et globale ou elle ne l’est pas. Le tiers de blocage est une hérésie qui contredit les simples règles de la démocratie. Nous ne voulons pas de vainqueurs et de vaincus entre les Libanais, mais un pays triomphant”.
Représentant le chef suprême des Kataëb, le député Antoine Ghanem a appelé dans son message à la solidarité entre l’ensemble des Libanais, à quelque bord qu’ils soient. Il a, par ailleurs, insisté sur “la nécessité du dialogue unificateur loin des dissensions, au rejet de la violence et au retrait de la rue (…).”
Rappelons qu’à cette occasion, les différentes régions libanaises se sont conformées à la décision de fermeture générale. A Tyr, le parti Amal a commémoré l’assassinat en organisant un meeting populaire.
Par ailleurs, Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations unies a réaffirmé l’engagement “de la communauté internationale à assister le Liban dans ses efforts à découvrir la vérité et à traduire en justice les auteurs et responsables de cet acte méprisable”.
Les présidents, français Jacques Chirac et italien Massimo D’Alema ont tous deux exprimé leur solidarité avec le peuple libanais en cette triste occasion. Soulignons que le président Chirac participera à la deuxième commémoration de l’assassinat de l’ex-Premier ministre qui aura lieu le 19 février à l’Institut du Monde arabe à Paris.